Cultes et lieux de cultes – Facteurs de l’identité nationale et de la cohésion Vietnamienne ?

Cultes et lieux de cultes – Facteurs de l’identité nationale et de la cohésion Vietnamienne ? – © Mathilde Tuyet Tran, France 2014http://mttuyet.fr – http://mttuyet.wordpress.com

La situation conflictuelle rémanente en mer de Chine, dans la zone des eaux des îles Paracels, causée par l’implantation de la plate-forme pétrolière chinoise HD-981 avec escorte et protection de centaines de bateaux chinois au début du mois de mai 2014, a fait renaître rapidement un mouvement patriotique dans tout le Vietnam. De nombreuses manifestations, à l’initiative de plusieurs groupements de la population, au Vietnam et dans les autres pays du monde, France, Japon, USA, Allemagne…ont été vite organisées.

Nicolas Baverez constate « …Xi Jinping, qui concentre tous les pouvoirs, équilibre la réforme du modèle économique et la lutte contre la corruption par une politique étrangère expansionniste. Elle vise à prendre le contrôle du Pacifique au détriment des États-Unis et à encercler l’Inde grâce à la constitution d’un « collier de perles » s’étendant de l’île de Hainan au Pakistan. » 1

Le Vietnam, depuis la création d’un pays du peuple Viet, en 208 avant J.-C., est toujours le petit voisin d’un « empire du Milieu », constamment menaçant. Pourtant, les grands pouvoirs tels que la Chine féodale, la France coloniale, les États-Unis impérialistes n’ont jamais réussi à dominer longtemps ou annexer, assimiler ce petit pays.

Jean Chesneaux, dans son ouvrage, « Pour le Vietnam » 2 a constaté que l’union vietnamienne est insécable. D’un côté, la bipolarité Nord-Sud, même existante sur plusieurs plans: ethnologique, religieux, traditionnel, social, économique, politique, agricole… n’empêche pas la formation d’une cohésion unique.

D’un autre côté, la langue vietnamienne, la conscience politique d’une unité unique, sans idée séparatiste et une politique d’intégration intensive des minorités du Vietnam représentent les éléments rassembleurs.

Ailleurs, dans un article intitulé: « Pourquoi le Vietnam résiste« , pour expliquer la cohésion du corps social vietnamien, le même Jean Chesneaux écrivait « C’était ce conglomérat de petites cellules villageoises qui fondait l’unité et la cohésion du peuple vietnamien » 3. Cette estimation, vue de l’extérieur, est fondée.

À ce jour, le village vietnamien reste encore une unité sociale et économique de base remarquable. Le Viet Nam aujourd’hui est encore un pays agricole. En 1950 sur une population totale de 27.367.000 habitants, 88,4% étaient paysans (24.181.000 personnes), en 2010 le taux des paysans est de 69,6% de la population, mais cela représente 61.983.000 personnes vivant et travaillant dans les villages à la campagne sur une population totale de 89.029.000 personnes 4. Les deux pôles Nord-Sud avec Hanoi et Ho-Chi-Minh Ville (Saïgon) représentent deux centres économiques et politiques à l’extrême du Viet Nam. On y trouve tout le luxe du monde, mais la vie vietnamienne ordinaire se déroule au dehors des grandes villes.

Vers fin juillet 2014, l’ONU a envoyé un enquêteur spécial, Heiner Bielefeldt, au Vietnam pendant 11 jours avec la mission de faire un rapport au sujet des « droits de l’homme et libertés de croyance ». De suite, cet enquêteur a dénoncé des empêchements dans ses démarches et des transgressions prétendues sur la liberté cultuelle, mais particulièrement sur les droits de l’homme en ce qui concerne les opposants idéologiques du régime en place. 5

Ce projet de recherche envisage de développer un autre point de vue, de l’intérieur du « village » vietnamien, de sa vie cultuelle, culturelle et sociale, comment le peuple vietnamien se définit et construit son indépendance culturelle, afin d’approcher les facteurs fondamentaux, les déterminants des identités collectives dans ce temps mouvementé du XXI ème siècle, la période d’universification du capitalisme.

Le rôle de la religion dans la construction des identités collectives

Le Recensement de la population en 2009 du Tổng Cục Thống Kê Việt Nam (General Statistics Office of Vietnam) compte parmi 13 cultes différents connus au Vietnam un nombre de 6.802.318 bouddhistes et 5.677.086 catholiques sur une population totale de 85.846.997 personnes 6. Les quatre courants religieux les plus importants au Vietnam sont le Bouddhisme, le Catholicisme, le Protestantisme et le Caodaiïsme. Ces chiffres officiels, un point d’appui, ne reflètent pas suffisamment l’état croyant des vietnamiens. Les cultes et les lieux de cultes au Vietnam relèvent d’une attention importante, celle de la construction des identités collectives et de la cohésion sociale.

Souvent, l’interprétation dominante qui prête au confucianisme le rôle le plus important dans la pensée vietnamienne, fait oublier que l’impact et l’influence de cette doctrine d’origine chinoise, que l’on essaye de raviver aujourd’hui, ne touchait sérieusement qu’une infime partie de la société vietnamienne, celle des lettrés, des mandarins de la cour des rois, de l’appareil administratif et de la « bourgeoisie » dans l’ancien temps, où la classe supérieure de la société vietnamienne était sous les influences des soi-disant « trois religions » (Tam giáo), le Bouddhisme, le Confucianisme et le Taoïsme. Religion ou culte ou doctrines politiques, doctrines éducatives civiques ?

Écrites par Confucius au Vème siècle avant J.-C., les doctrines confucéennes ont traversé le temps, durant presque 2.500 ans, modifiées, interprétées, modernisées, instrumentalisées par ses disciples et le pouvoir politique chinois, toujours dans le but d’établir un ordre général de la société basé sur une obéissance civique sans contestation et une formation mentale unique et d’enlever le moindre germe de tentative de changement.

De nos jours, on parle de « Néo-Confucianisme », que la Chine a élevé actuellement au rang de philosophie nationale chinoise pour son peuple « Dai Han » (le Grand Han), issu de la dynastie Han (206 avant J.-C.- 220 après J.-C). Une partie des lettrés modernes vietnamiens se laisse encore séduire par les leçons de morale, de vertu du modèle « le-gentil-homme confucéen ». Mais la philosophie et la morale vietnamienne rendent aussi hommage à la mère et se cristallisent de plusieurs pensées religieuses par un regard vers l’intérieur du soi.

Contrairement au «monde occidental» on trouve dans les villes et villages du Viet Nam une pléthore de lieux de cultes, symbole d’une protection et d’un rattachement à la source de vie, de l’identité et de la cohésion sociale: la pagode (Chùa), le temple (Đền), la maison communale (Đinh), le mausolée (Lăng), le site de commémoration (Đài tưởng niệm), la maison de culte des ancêtres (Nhà từ đường, nhà thờ họ tộc), l’église (Nhà thờ), le cimetière (Nghĩa trang), le lieu d’offrandes au Roi (Đàn tế Trời Đất), l’autel de la famille (Bàn thờ tổ tiên), la mosquée.., selon la taille de la population, l’histoire du lieu et la situation géographique, au Nord, au Centre ou au Sud du pays.

Le pouvoir exercé par les cultes principaux constitue un pouvoir culturel folklorique. Ce pouvoir (Thần lực) existe en parallèle avec le pouvoir étatique (Quyền lực).

Ces lieux de cultes ont des origines historiques diverses, des aspects physiques différents avec des architectures propres et incarnent des valeurs spirituelles particulières. Au cours de l’histoire du Vietnam, depuis la création du pays de la période mythique Hồng Bàng (2897-258 avant J.-C) jusqu’à nos jours, les croyances avec leurs différentes pratiques cultuelles cohabitent visiblement en paix.

Depuis le XVIIème siècle, dans le Nord les villages bouddhistes et les villages chrétiens vivent côte à côte. Dans le Sud les temples de Cao Đài et les temples Khmer ne sont pas très loin les uns des autres. Les conflits religieux et cultuels se traduisent parfois au niveau de la famille, par exemple le mariage entre deux individus de deux religions différentes entraîne la conversion d’une personne, souvent de bouddhiste en catholique.

Cette étude d’observation et d’analyse synthétique, didactique, empirique cherche les réponses concernant les différences philosophiques du Bouddhisme, du Confucianisme et du Catholicisme, l’instrumentalisation politique et l’impact polit-sociologique des cultes existant au Viet Nam, et les valeurs cultuelles, culturelles et traditionnelles transmises par les lieux de cultes dans le contexte de la construction d’un « pouvoir souple »: la sédimentation d’une identité et cohésion collective.

Différence géographique des lieux de cultes

Pendant l’époque féodale, les rois et les grands mandarins ordonnaient et finançaient la construction des pagodes, des temples au niveau national. Les autres lieux de cultes ont été créés et entretenus par le peuple d’un village, d’une province, d’une famille ou d’une lignée. On s’y rend très souvent pour faire des offrandes, une prière et surtout, demander une faveur de l’au-delà. Ce « dialogue » extraordinaire entre un être vivant sur terre et les âmes spirituelles de l’au-delà est un élément courant, actuel dans la vie vietnamienne.

Par sa pratique libre et tolérante le bouddhisme touche un très grande nombre de populations sans que les croyances se doivent d’être « enregistrées » officiellement. Dès lors il reste toujours la religion principale du Viet Nam.

Parallèlement à l’influence répandue du bouddhisme, par une sorte de croyance inconditionnelle et tradition obligatoire, le culte des ancêtres – y compris le culte des personnes célèbres – et le culte des Saintes-Mères (Đạo Mẫu) prennent une place très importante dans la vie spirituelle populaire vietnamienne.

Le christianisme, une autre force religieuse, bien organisée, exerce son pouvoir sur une minorité, constituant toutefois une part importante de la population.

La pratique de ces cultes dans le Nord Vietnam peut paraître surprenante, car depuis 1945 cette partie du pays s’est développée sous un régime idéologique communiste, comportant l’obligation d’être athée. Le combat philosophique entre l’idéalisme et le matérialisme était vite décidé, le communiste est obligatoirement matérialiste. Le préjugé que derrière le « rideau de fer », l’idéalisme avec ses composants religieux et cultuels ne peut plus exister sous un régime communiste autoritaire, se dévoile en une publicité anti-communiste. La population du Nord reste plus croyante que jamais, et même très superstitieuse, vu le nombre de pagodes, temples…et la fréquentation des lieux de cultes. Même récemment, les obsèques du Général Võ Nguyên Giáp, le 13 octobre 2013, ont été célébrées en privé avec les rituels bouddhistes et le culte des ancêtres.

Émile Durkheim nous fournit une explication de cette contradiction apparente: « On s’explique mieux maintenant comment il peut y avoir des religions athées, telles que le Bouddhisme et le Jaïnisme. C’est que, pour des raisons diverses, cette organisation n’y a pas été nécessaire. Il s’y trouve des choses saintes (l’affranchissement de la douleur est chose sainte comme toute la vie qui y prépare), mais elles ne sont rapportées à aucun être divin comme à leur source. » 7

Cette partie du pays a aussi une particularité due à la présentation de plusieurs peuples minoritaires dans les provinces de haute-montagne de Hà Giang, Lai Châu, Cao Bằng, Lạng Sơn. Le Vietnam compte aujourd’hui 54 peuples différents, y compris les Viet (Kinh).

La partie du Centre du Vietnam, connue comme « l’Annam » sous l’occupation française, baigne encore dans la pensée et le statut impérial. Le bouddhisme et le confucianisme y gagnent de l’importance dans la vie cultuelle, les cérémonies sont célébrées d’une manière stricte et minutieuse. Dans cette région, ancienne terre du royaume Champa, la population Cham actuelle garde encore sa tradition cultuelle.

Devenue territoire français depuis le Traité de Paix et d’Amitié daté 05/06/1862 (Hòa ước Nhâm Tuất), la partie du Sud, connue alors sous le nom de Cochinchine, est la plus exposée au christianisme. Les gens du Sud, renommés pour leur attitude décontractée dans la vie quotidienne, favorisent une existence aisée pour plusieurs religions et cultes.

Les déterminants de la cohésion vietnamienne

L’argumentation, visant à diviser, expliquant que l’identité vietnamienne est fragmentée en trois zones géographiques et a subi des influences déterminés, relève plutôt d’une certaine volonté politique que d’une réalité sociale et anthropologique. Les symboles de l’identité nationale sont variés: hymne national, drapeau, langue, religion, architecture et même gastronomie…Il existe aussi des nations dont l' »identité nationale » reste floue, ou, inexistante, difficile à formuler. Pourtant, logiquement, il y doit avoir un « ciment » qui colle les gens – ceux qui se ressemblent, s’assemblent.

La constitution et l’existence d’un pouvoir traditionnel para-étatique, actuellement coexistant avec la domination rationnelle-légale de l’état communiste, transmet certains messages de génération en génération et diffuse le patriotisme et le nationalisme, qui sont des éléments catalyseurs et rassembleurs.

Les lieux de cultes représentent en fait des lieux de rassemblement avec leurs fonctions pédagogiques transmettant des messages patriotiques. Ces valeurs et messages perdureront-ils dans l’avenir, dans le contexte d’une société de consommation globale et mondialisée ?

La langue vietnamienne comme élément principal d’identification et de la cohésion vietnamienne: au fil du temps le peuple vietnamien a sauvegardé et continué à développer sa propre langue, unique au monde. Cette langue a résisté à tous les essais d’assimilation pendant plusieurs siècles d’occupation chinoise 8. Les Vietnamiens ont dû se laisser pousser les cheveux, porter une natte longue, tressée à la chinoise, porter des vêtements chinois, écrire en chinois.

Les concours de Mandarinat à la confucéenne en écriture chinoise à la cour des empereurs Nguyen ont été seulement supprimés par l’ordre de l’empereur Thanh Thai en 1917 et finalement de l’empereur Khai Dinh en 1919. La génération des lettrés né en 1918/19 a appris encore parallèlement trois langues différentes, le chinois, le français et le vietnamien.

Cette langue vietnamienne, transcrite de la langue phonétique en lettres latines par les missionnaires portugais, français et les lettrés vietnamiens au XVIIème siècle, comprenant plusieurs dialectes du Nord au Sud, est devenue une identité nationale. Les problèmes de développement linguistique de la langue vietnamienne sont identifiés au fur à mesure, mais le fait de posséder une écriture moderne avec les lettres latines a ouvert les portes à toutes les sciences universitaires.

De nos jours, le taux d’alphabétisation des femmes vietnamiennes, qui ne pouvaient pas apprendre à écrire et lire avant l’occupation française, est passé de quasiment 0 à 96,4% 9

Cette langue est un instrument de propagation des cultes. Elle est indispensable sous toutes ses formes et ses nuances culturelles. Elle est la langue des chants religieux, des pièces de théâtres, des prières, des poèmes, des proverbes, des vers de sentences parallèles….Elle est l’identification nationale et la cohésion vietnamienne.

Le culte des ancêtres est un élément principal de la cohésion vietnamienne: le culte des ancêtres vietnamien est une école, non déclarée et libre, subtile, de la morale traditionnelle, son but est facile à comprendre mais son impact est profond dans l’âme. L’installation d’un autel, le rythme et la mode de la pratique cultuelle dépendent uniquement de la personne ou de la famille pratiquante. Son but est de garder un souvenir, un sentiment de gratitude, de piété, une obligation de reconnaissance envers les parents, les grands-parents…les membres de la famille, ceux qui nous ont donné la vie, nourris, soignés, éduqués et aidés. L’impact est un lien étroit entre les descendants des mêmes ancêtres.

Plus large que le cadre familial et lié au culte des ancêtres est le culte des personnes célèbres dans l’histoire du Vietnam. Le peuple a édifié, souvent pour un héros de guerre, homme ou femme, un temple pour y célébrer régulièrement sa gratitude. Ainsi, l’histoire des guerres contre les invasions n’ont jamais été oubliées. Les occidentaux célèbrent aussi les commémorations, mais plutôt dans un contexte politique. Tandis que le culte des ancêtres vietnamien, en tant que forme de commémoration, a un aspect religieux, populaire et folklorique. Les héros nationaux vietnamiens sont respectés comme les saints, les « pères » et les « mères » du peuple.

Depuis 1045 (dynastie Lý)10, la société vietnamienne était organisée par les cours des rois sous l’emprise du confucianisme, un système de pouvoir et d’administration des étages hiérarchiques masculins indiscutables: Le Roi – Le Mandarin – Le Maître – Le Père et Le Fils étaient établis. Les femmes, n’ayant pas la possibilité d’avoir un statut social, existaient « à côté » et devaient être soumises. Un mouvement du peuple, discret et subtil, élève les femmes vietnamiennes au rang des « Saintes-Mères » par le culte Đạo Mẫu. Logiquement, ce culte est répandu au Nord avec la figure de Mẫu Liễu Hạnh, et au Sud avec le culte de Bà Chúa Xứ Núi Sam.

Les cérémonies de culte des ancêtres, même dans le cadre privé, familial rappellent qu’on est issu de la même source, protégé par les mêmes héros, les mêmes ancêtres, les mêmes mères, les mêmes pères et créent forcément un lien sentimental et moral qui est à la base de la cohésion vietnamienne.

De nos jours l’exercice des cultes n’a pas trop changé dans l’apparence. L’état actuel des lieux de cultes pose quelques points critiques: les problèmes de la conservation physique des lieux de cultes, l’utilisation dans le tourisme mondialisé, les programmes culturels modernes accompagnés les fêtes religieuses.

Cultes et culture

En 1938 Marrou Henri-Irénée déplorait que « La notion de culture n’est pas une idée claire, parce que c’est une idée neuve, une acquisition récente de la langue et de la pensée modernes; elle achève seulement de s’élaborer sous nos yeux… » pour affirmer plus tard dans le même texte que « La culture est un fait social : qu’on puisse parler de culture sous une forme définie, c’est bien la preuve qu’il s’agit d’une notion commune, qui échappe au caprice de l’individu et qui fait partie du domaine collectif, du patrimoine social. L’existence même de cette notion est une reconnaissance implicite du fait que le développement intellectuel n’est pas absolument libre, mais qu’il dépend de façon très étroite du milieu de civilisation. »11

Lê Thành Khôi a pris la position suivante « A ce point de nos interrogations, il faut nous tourner pour l’approfondir vers la notion de culture. On sait qu’il en existe près de deux cents définitions. Nous n’entrerons pas dans les débats sémantiques. Contentons-nous d’indiquer que nous prendrons le terme dans son acception la plus large, à savoir l’ensemble des créations matérielles et non matérielles d’un groupe humain dans ses relations avec la nature et avec d’autres groupes, créations qui ont pour lui – ou pour la majorité de ses membres – un sens propre, dérivé de son histoire passée ou en train de se faire, sens qui n’est pas partagé par d’autres groupes (les « créations » comprennent aussi l’interprétation que fait une société d’idées venues de l’extérieur) », mais il a défini les « composantes de la culture« : la langue, les croyances, l’organisation familiale et sociale, les techniques, l’expression et la perception artistique, les activités ludiques et l’éducation.

La langue parlée vietnamienne transmettait son histoire et ses cultes, ses valeurs immatérielles à travers les mythes, les légendes, les contes, les histoires humoristiques, les fables, les chansons populaires, les proverbes, les devinettes, les complaintes, les poèmes épiques, les récits en vers, les pièces de théâtre populaires et traditionnelles de générations en générations.12

Le temple est un moyen d’explication où loge le culte. La vie cultuelle et la vie culturelle se marient pour devenir ensemble une valeur, complexe et particulière. Cette relation est typique et inséparable, on reconnaît une église, une pagode, un temple ou une mosquée…de loin, comme on distingue le son et la musique d’une cloche d’église ou de la pagode, comme on aime l’odeur de l’encens, différent dans une église catholique ou dans un temple, une pagode.

Pour s’adresser, être accepté, pénétrer et perdurer dans la perception logique, radical et l’âme, le culte se présente et s’en sert de plusieurs instruments culturels: art de construction architectural, de décorations artistiques extérieures et intérieures d’un lieu de culte, la prière, la citation, le prédicat, la poésie, la littérature, la musique, le chant, les arts martiaux, la danse, la peinture, le travail artisanal, les habits spéciaux et distingués en formes et en couleurs, les coiffes, les chaussures, les bijoux …Toute une panoplie de nuances et d’aspects culturels d’un culte construisent son identité, sa façon d’être, et ils transportent les messages de ce culte. Donc, l’étude d’un culte ne doit pas être restreinte sur le contenu théologique, mais aussi l’étude de l’ensemble de ses moyens existants.

Cultes et croyance

Dans l’article « De la définition des phénomènes religieux » Émile Durkheim 13 expliquait: « Il y a une catégorie de faits religieux qui passe pour être particulièrement caractéristique de la religion et qui, par suite, semble devoir nous offrir ce que nous cherchons : c’est le culte. Mais, quand on essaie de définir le culte, on s’aperçoit que, par lui-même et si on ne le rapporte pas à quelque autre chose, il n’a rien de spécifique…Les croyances ne sont pas, en effet, les seuls phénomènes qu’on doive appeler religieux ; il y a, en outre, les pratiques. Le culte est un élément de toute religion, non moins essentiel que la foi…Nous proposerons donc finalement la définition suivante : Les phénomènes dits religieux consistent en croyances obligatoires, connexes de pratiques définies qui se rapportent à des objets donnés dans ces croyances. Quant à la religion, c’est un ensemble, plus ou moins organisé et systématisé, de phénomènes de ce genre. »

À la fin de l’article, Durkheim ajoutait à cette définition les mots suivants: « Subsidiairement, on appelle également phénomènes religieux les croyances et les pratiques facultatives qui concernent des objets similaires ou assimilés aux précédents. Cette correction laisse intactes les conclusions méthodologiques auxquelles nous étions arrivés. Il reste que la notion du sacré est d’origine sociale et ne peut s’expliquer que sociologiquement. »

La question, pourquoi on croit ou on ne croit pas à quelque chose divine, spirituelle ? Ce « quelque chose » définit le contenu de la croyance. Même le fait, de ne croire en rien, est aussi une croyance de non-existence de quelque chose.

La question qui divise les deux églises catholique et protestante est la croyance de la virginité de la Sainte Marie.

À chaque époque de développement social, le culte est une documentation, un témoin historique de la civilisation, de l’état d’âme et l’état d’esprit de la société concernée. On croit à la pierre, à l’animal, à la déesse du vent, au Bouddha, aux Dieux, au Ciel ou aux ancêtres, à l’amour maternel, à la protection paternelle…

La croyance est un phénomène psychologique collectif et à la fois subjectif. Pour les uns, la croyance signifie évidemment la superstition. Pour les autres, il existe entre la croyance et la superstition une large espace d’interprétation. « Jusque là je crois, au delà je ne crois pas « , le niveau d’adhésion cultuelle dépend de la volonté cognitive et de la perception individuelle, sans oublier les habitudes traditionnelles et individuelles des pratiques.

La croyance, poussée par d’autres motifs politiques ou sociaux ou de profits monétaires, se développe en une forme de « dynamique collective », qui peut être la cause d’une guerre, d’un crime, comme les croisades religieuses

Au Vietnam, le culte des ancêtres s’exprime par la croyance que l’âme est éternelle, l’amour est éternel. L’amour de la mère et l’amour du père est tellement éternel qu’il existe réellement même de l’au-delà. Dont le devoir des descendants est fixé dans la notion « piété filiale », ce sentiment d’affection, de gratitude et de respect profond, vis à vis des sacrifices des ancêtres. Plus que la vie des ancêtres était dure, leurs exemples deviennent plus touchants. Tels sont les messages principaux du culte des ancêtres. L’enfant, le descendant, vivant sur terre, continue son dialogue avec sa mère et son père, ses ancêtres de l’au-delà, fait des offrandes, entretient les tombes, les prie à chaque instant de sa journée. La croyance, que l’âme des ancêtres est « là », existe dans la maison, a entendu les prières, les demandes de faveur, d’aide…, donne une renforce « divine » pour affronter les difficultés de la vie quotidienne.

Le culte des ancêtres rassemble les membres de la famille sous un toit pendant les cérémonies rituelles et habituelles. Il rassemble le peuple sous le toit des temples, des églises, des pagodes… pendant les fêtes nationales, les occasions cultuelles spécifiques. Ceux qui travaillent n’oublient pas de célébrer la cérémonie de commémoration pour l’ancêtre qui a commencé à implanter et développer un métier, par exemple: Ancêtre des fondeurs, Ancêtre des pêcheurs….Les lieux de culte sont des lieux de rencontre social. Ceux, qui se croisent dans un lieu de culte portent la même ouverture vers l’autre, grâce à l’idée de l’identité, de la cohésion et de la croyance que « nous sommes ensembles ».

Cultes et confiance

La confiance est une position subjective et psychologique, prête à accepter l’autorité et les conséquences dues aux intentions et actions d’autrui. Dans le culte, la confiance est à sens unique et une trahison est hors sujet, car un esprit divin ne trahit pas.

En Europe, le culte et la croyance ont un aspect ressemblant. « Quels étaient les thèmes et symboles de l’art celtique ? Comment honoraient-ils leurs dieux ? Quel rôle jouaient les dépôts d’offrandes au sein des sanctuaires gaulois, véritables lieux de rassemblement communautaire ? Quels traitements pouvaient subir les dépouilles humaines (rituels spécifiques suite à une bataille importante, sél6ection des restes aux vues d’un dépôt votif à Blicquy, processus sacrificiel à AcyRomance…). En quoi consistait le corps sacerdotal celte (druides…) ? », toutes questions que l’on se pose sur un chantier archéologique et cultuel en Belgique.

On croit, on fait confiance et on attend un faveur, un signe, un miracle, à tel point que les offrandes paraissent comme une sorte de « corruption divine ». Les riches font des grandes offrandes et prient pour devenir plus riches, les pauvres font des offrandes à la hauteur de leurs moyens et prient pour devenir moins pauvres, la confiance dans les cultes n’a pas de limite. Elle ne contient non plus une sorte de « garantie », mais la confiance cultuelle soulage psychologiquement et subjectivement les douleurs, les soucis, les souffrances terrestres.

Bouddha ne fait pas de miracle, la confiance en Bouddha est la confiance dans ses leçons, qui indiquent clairement la source du Malheur de la vie terrestre et comment il faut vivre pour pouvoir fermer les yeux sans regrets à la fin de vie.

Les cultes des ancêtres et de la Sainte-Mère (Đạo Mẫu) au Vietnam rendent les « demandes de faveur » possibles tous les jours, sur tous les sujets et à n’importe quel moment. On a perdu, déplacé quelque chose, on prie de le trouver le plus vite possible. On est malade, on prie d’être guéri. On est malheureux, on prie de pouvoir trouver le bonheur rapidement. On n’a pas de chance, on prie pour avoir une chance. On est en guerre, face à l’ennemi, on prie pour la victoire…Souvent, on croit avoir reçu une faveur divine, aperçu par une réussite ou plus vague, par un rêve, un déjà-vu.

Pendant les périodes de crises économiques et sociales, les êtres humains, les uns vulnérables par les autres, ont la tendance de se réfugier dans les cultes. On y cherche un « abri » , une consolation, un sentiment de solidarité, de cohésion avec leurs valeurs culturelles et la confiance divine, sans être trahi.

Parmis des milliers de lieux de culte je nomme ici trois lieux représentatifs, de trois époques différentes, dans trois régions différentes comme objets d’analyse:

  1. Au Nord du Viet Nam: le temple Hai Bà Trưng, à Mê Linh, Hà Nội

Le temps Mê Linh est un des plus vieux temple du Viet Nam dédié aux deux soeurs Trưng, construit au début en bambou et feuilles cọ (lá cọ) par le peuple, sur le lieu natal de la famille, puis lieu de déclaration de la résistance, et finalement capital de la dynastie Trưng.

L’époque des sœurs Trưng fut courte, seulement 3 ans de l’an 40 à 43, mais il est le premier soulèvement du peuple vietnamien, conduit par deux femmes, les sœurs Trưng (Hai Bà Trưng), contre l’occupation chinoise (dynastie Han).

Le culte réservé pour les deux sœurs héroïques Trưng Trắc et Trưng Nhị est le culte des ancêtres, des symboles héroïques nationaux, n’est pas à confondre avec le culte des Saintes-Mères. Cette distinction exprime particulièrement le point de vue d’une égalité homme-femme réelle dans l’opinion du peuple. Elles sont symboles absolus du courage, du patriotisme.

Il existe d’autres temples dédiés aux sœurs Trưng. mais le temple Mê Linh est le plus grand et plus beau, de plus, c’est un site archéologique authentique à exploiter.

Mê Linh, à 40 kilomètres de Ha Noi, est un site très remarquable, il indique le lieu de l’implantation du peuple Viet à l’époque, au début de notre ère. Le village Mê Linh aujourd’hui mi urbanisé, mi campagne est un objet intéressant de recherches.

Le district actuel, portant la même désignation Mê Linh, a une surface naturelle de 14.251 ha, 193.727 habitants, 16 villages et 2 petites villes. 14

À cause des dégradations naturelles et des faits de guerre, ce lieu de culte a été reconstruit à plusieurs reprises pendant presque 2.000 ans jusqu’à nos jours.

Les objets historiques datés de l’époque des Rois LÊ (1783) ont été conservés. Actuellement ce lieu de culte a été reconnu au niveau national.

  1. Au Centre du Viet Nam: le temple des frères Nguyễn, à Tây Sơn, Bình Định

Le temple dédié aux trois frères Nguyễn Nhạc, Nguyễn Lữ, Nguyễn Huệ à Tây Sơn, Bình Định est très peu connu par le tourisme mais bien connu par la population. Ces trois frères, relevés héros nationales, ont sacrifié leur destins pour la réunification Viet Nam du Nord au Sud, dont seigneur Nguyễn Phúc Ánh a hérité les fruits en 1802 et a fondé la dynastie des Nguyễn, terminée en 1945 sous le règne du dernier empereur Bảo Đại.

Les victoires historiques des trois frères « Tam Kiệt Tây Sơn » sont incontestables.

Nguyễn Huệ, nom propre de l’empereur Quang Trung, porté par l’enthousiasme et le soutien de la population de plusieurs régions du Nord, du Centre et du Sud, a réussi des actes de guerre paraissant insurmontables.

En peu de temps, au Sud, il a réduit en miette l’armée de Siam venant au secours du seigneur Nguyễn Phúc Ánh, au Nord il a repoussé vingt milles soldats de l’armée d’invasion chinoise, venant au secours du Roi des Lê, au delà de la frontière sino-vietnamienne par les batailles Ngọc Hồi, Đống Đa à Thăng Long (ancien nom de Hà Nội) en 1789, l’année de la Révolution Française. Il a ouvert la voie de l’indépendance, de souveraineté et l’unification du Nord au Sud pour le Viet Nam.

Juste après ses victoires, le roi Nguyễn Huệ est mort subitement à 39 ans, au sommet de ses forces.

Son successeur Nguyễn Quang Toản était trop jeune, la maison des trois rois Nguyễn Tây Sơn devenait la proie facile pour le seigneur Nguyễn Phúc Ánh. Ce dernier a fait tuer trois générations des trois familles frères.

Nguyễn Đình Hòe, Sous-Directeur de l’École des Hậu Bổ, Huế, écrivait en 1914:

C’est pendant l’hiver de l’année nhâm tuất (1802) que le prince Nguyễn Ánh, le seule et dernier de la dynastie des Nguyen, après avoir vaincu successivement les Trinh et les Tây Sơn, fit son entrée triomphale à Huế…le Prince ordonna l’exhumation des corps des rois Tây Sơn, Nguyễn Văn Nhạc et Nguyễn Văn Huệ, dont les restes furent écrasés au pilon et jetés au vent. Seuls les crânes de ces deux rebelles furent épargnés, mais furent envoyés au Ngục thất et, mis au secret dans les jarres….15 16

La vengeance incroyablement brutale, ingrate de Nguyễn Ánh (l’empereur Gia Long) sur la famille des trois Nguyễn Tây Sơn et ses généraux, a une réponse du peuple: un temple dédié aux trois rois Nguyễn Tây Sơn est toujours fréquenté jusqu’à ce jour, tandis que l’empereur Gia Long est seulement pensé par sa famille impériale dans l’enceinte de la cité impériale à Huế, et pendant longtemps on lui reproche sa traîtrise et le peuple lui refuse la révérence, sur tout le Vietnam aucun temple est édifié pour les empereurs des Nguyễn.

  1. Au Sud du Viet Nam: le temple de la Déesse de la montagne Sam

Le site de la montagne Sam, près de la frontière Cambodge, où se trouve un beau temple dédié à la déesse, a souvent l’atmosphère une fête folklorique, joyeux, coloré, vivant sous le soleil éclatant de tous les jours. Les places de parking géantes à l’entrée du site témoignent une forte fréquentation par bus, autocar, voitures, taxis…venant de loin. Les rues des commerçants, hôtels, restaurant autour du temple sont animées, dégagent plusieurs odeurs contradictoires. Les gens se mêlent, vietnamiens, cambodgiens, touristes étrangers…, se pressent pour avoir une vue à l’intérieur du temple…

D’après la légende, que raconte l’écrivain Sơn Nam, un connaisseur de la culture du Sud, la déesse habite dans une statue d’un bouddha homme de la culture Khmer, oubliée depuis longtemps sur le sommet de la montagne Sam. Un mandarin vietnamien, Thoại Ngọc Hầu et son épouse, a ordonné la construction d’un temple (miếu) pour la déesse, désormais habillée en femme et décorée avec les chaînes de bijoux autour du cou. Les habits et les décorations pour la déesse font l’attraction principale, ils sont changés souvent, mais les pèlerins croient fortement à la puissance divine de la déesse. Ils viennent prier pour quelque chose, la santé, le bonheur, la réussite…Une relique devenu talisman (un morceau de tissu d’une ancienne robe de la déesse) donnée au temple, est gardée précieusement, près de soi par chaque croyant.

La déesse de la montagne Sam est une figure divine. Son culte est considéré comme culte des Saintes-Mères vietnamiennes.

Le professeur Ngô Đức Thịnh a estimé que le culte des Saintes-Mères exprime une philosophie de vie, une conscience de la source du peuple, du pays, autrement dit, un patriotisme sacré dans lequel la « Mère » est le symbole le plus haut. 17 . ©MathildeTuyetTran 2014

Le temple Hai Bà Trưng, à Mê Linh, Hà Nội

Le temple Hai Bà Trưng, à Mê Linh, Hà Nội – Photo:  © Mathilde Tuyet Tran, France 2014

 Le temple des frères Nguyễn, à Tây Sơn, Bình Định - Photo: © Mathilde Tuyet Tran

Le temple des frères Nguyễn, à Tây Sơn, Bình Định – Photo: © Mathilde Tuyet Tran, France 2014

Le temple de la Déesse de la montagne Sam © Mathilde Tuyet Tran

Le temple de la Déesse de la montagne Sam © Mathilde Tuyet Tran, France 2014

Notes:

1Nicolas Beverez, Le grand réveil de la géopolitique, Le Point 2184 du 24 juillet 2014, p.8-9

2Chesneaux, Jean, Vietnam – Geschichte und Ideologie des Widerstands, (Version allemande, traduite de « Pour le Vietnam », édité par François Maspéro, Paris 1968), Europäische Verlagsanstalt, Frankfurt am Main 1968

3Chesneaux, Jean, Le corps social vietnamien: cohésion et tension. L’Homme et la société, N.5, 1967. pp.47-56

4Hoàng Bá Thịnh, Nguyễn Kim Thủy, Biến đổi dân số nông thôn Việt Nam, Tổng cục Dân số – Kế hoạch hóa gia dình, số 12 năm 2011

5Les articles sur la BBC Vietnamese du 23.07, 01.08 et 05.08.2014

6Résultat du Recensement de la population vietnamienne en 2009, tableau 7: Population by Urban/Rural Residence, Sex, Religion, Socio-economic Region and Province/City 1/4/2009 . Table 7 – P. 281 – 312

7Durkheim, Émile, De la définition des phénomènes religieux, in Année sociologique, vol. II, 1897-1898, pp. 1 à 28, rubrique: “Mémoire originaux”. Paris: PUF. Texte reproduit dans Journal sociologique, pp. 140 à 165. Paris: PUF, 1969, 728 pages. Collection Bibliothèque de philosophie contemporaine, 728 pp.

8Trois grandes périodes d’occupation chinoise dans l’histoire du Viet Nam: la première période de 111 avant J.-C. – 39 après J.-C. par la dynastie Hán chinoise, la deuxième période de 43 – 544 par les dynasties Hán et Tống chinoise, la troisième période de 603-939 par les dynasties Tùy, Đường chinoise (d’après Trần Trọng Kim, Việt Nam Sử Lược, Nhà xuất bản Thời Đại, Hà Nội 2010)

9Tổng cục Thống kê (GSO), Việt Nam Điều tra đánh giá các mục tiêu trẻ em và phụ nữ 2011, Báo cáo kết quả, 2011, Hà Nội, Việt Nam.

On voit encore aujourd’hui quelques « écrivains publics » travaillant sur le trottoir aux abords des lieux administratifs.

10Khâm Định Việt Sử Thông Giám Cương Mục, tome 1, p. 331

11Marrou Henri-Irénée. Culture, civilisation, décadence. In: Christiana tempora. Mélanges d’histoire, d’archéologie, d’épigraphie et de patristique. Rome : École Française de Rome, 1978. pp. 3-30. (Publications de l’École française de Rome, 35) http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/efr_0000-0000_1978_ant_35_1_1123

12Vũ Anh Tuấn, Giáo trình Văn học Dân gian, Đại học Sư phạm Hà Nội, nhà xuất bản Giáo Dục Việt Nam, Hà Nội 2012

13Émile Durkheim, De la définition des phénomènes religieux in Année sociologique, vol. II, 1897-1898, pp. 1 à 28, rubrique: “Mémoire originaux”. Paris: PUF. Texte reproduit dans Journal sociologique, pp. 140 à 165. Paris: PUF, 1969, 728 pages. Collection Bibliothèque de philosophie contemporaine, 728 pp.

14 Bài giới thiệu về huyện Mê Linh của Ủy Ban Nhân dân thành phố Hà Nội, 01.11.2013

15Nguyễn Đình Hòe, Note les cendres des Tây Sơn dans la prison du Khám Đường, Bulletin des Vieux Amis de Hue, édition 1914_2

16Le nom Nguyễn Phúc Ánh est écrit dans les livres d’histoire en forme courte Nguyễn Ánh, et le nom Nguyễn Huệ est écrit aussi Nguyễn Văn Huệ.

17Ngô Đức Thịnh: Mẫu Tam phủ – Tứ phủ bước dầu đã thể hiện một ý thức nhân sinh,ý thức về cội nguồn dân tộc, đất nước, chứa đựng lòng yêu nước – một thứ chủ nghĩa yêu nước đã được linh thiêng hóa mà Mẫu là biểu tượng cao nhất.