Le mot « administré » de la bouche d’un maire d’un village de France et la démocratie « à la tôle »

Le mot « administré » de la bouche d’un maire d’un village de France et la démocratie « à la tôle »
© Mathilde Tuyet Tran, France 2014

On retrouve très souvent le mot  » mes administrés  » comme récemment dans un courrier officiel mensonger, d’un maire, un « élu », d’un village: la tôle dans l’Oise.
Ce mot, rejette les lecteurs au passé féodal et colonial de la France: mes esclaves, mes sujets, mes administrés en Afrique ou à l’ancienne Indochine. Comme si, il n’existe réellement que deux castres en France: les administrateurs et les administrés = les dominateurs et les dominés ?
Pourtant, sur le territoire français, le sol du pays de Droit de l’Homme (et de la Femme), le berceau de la Révolution Française de 1789, ce sont les valeurs de la France qui devraient s’ appliquer: Liberté, Égalité et Fraternité.
L’incident a eu lieu aux élections présidentielles de 2012. Dans le soupçon de l’intention de vote, le maire a interdit une administrée de voter par procuration pour sa fille, née Française, le jour même des élections présidentielles, au 2e tour, sur place, au bureau de vote, par surprise. Le Courrier Picard a écrit un article le 11.05.2012 sur cet incident (L’article a été retiré sur le site online.). Le clou de cette histoire est le fait que, aujourd’hui, deux ans après cet incident, un habitant de la tôle a mis la victime au courant d’un courrier officiel de la mairie, sur papier à entête de la mairie, signée avec cachet par monsieur le maire, dans lequel des mensonges ont été propagées. Ce courrier, daté le 23 mai 2012, a été distribué dans tout le village, sauf chez la victime, nommée « la chinoise » par la famille de monsieur le maire, dans sa boite aux lettres!
Un élu, il est élu pour se mettre en service de la Nation, de ses CITOYENS de la France, pour réaliser ses promesses, il n’est pas élu (seulement) pour contrôler, administrer, menacer, mettre ses administrés à sa botte, distribuer gracieusement un « don » (bien entendu gratuit sur le compte de nos impôts) de Noël pour ses « vieux » administrés au delà des 60 ans. Donc, un « administré » n’est pas aussi libre, aussi égal, et aussi fraternel que l’élu ?
Le modèle d’un petit village, même pas 100 personnes inscrites sur la liste électorale, est le théâtre de petites guerres, fait peur pour la démocratie au fin fond de la campagne, où les propriétaires des fermes bénéficiaires de la P A C et des subventions de l’Union Européenne sont encore des seigneurs, avec le langage moderne, ils ne parlent plus de mes esclaves, mes sujets, mes paysans, mais de « mes administrés ».
L’atmosphère communale devient insupportable, quelques pauvres administrés se retirent, se cachent dans leurs habitations. Ils ne vont plus manger et boire gratuitement au repas républicain au 14 juillet, ils ne vont plus danser à la fête foraine, ils ne participent plus au sortie au cabaret du comité des fêtes, ils ne viennent plus sous l’arbre de Noël…, ils veulent vivre tranquillement et ils ferment leurs bouches, ils ne bougent pas, ils ont peur. Le maire fait ce qu’il veut. La vie est belle comme ça. Tout le monde est tranquille dans son coin. Tranquille ?!
Mais la vie n’est plus belle, lorsqu’il y a des élections ! Les affiches des « adversaires » barbouillées, rayées, déchirées, décollées. Les votants n’ont plus le droit de prendre n’importe quelle enveloppe, chaque enveloppe de vote est distribuée en personne, n’est elle pas discrètement pré-numérotée pour savoir qui a voté quoi ? De temps en temps, on tente d’empêcher une ou deux personnes « têtus » de voter. Les victimes ont dû passer plusieurs heures, une centaine de kilomètres et finir par joindre le ministère de l’Intérieur pour pouvoir exécuter son droit de vote. Curieusement, les jours des élections, tous les services sont fermés, les « permanents » envoient les « refusés » courir par-ci, par-là…, du temps de chercher quelqu’un qui connaît peut être la réponse à la question, du carburant à dépenser, du nerf à garder le calme…
Qui a attaqué la démocratie? L’administré qui veut voter dans son droit? Ou, l’administrateur qui refuse le vote ?
Normalement, oui, normalement, le devoir des « administrateurs » est de faire les nécessaires pour que les « administrés » puissent voter, dans leur droit, pour baisser l’abstention de vote. Ce n’est pas ça la démocratie ?
Un vote de moins, ça compte quand le taux de participation n’est pas à 100%, mais surtout, sous prétexte de défendre la « démocratie », le maire fait connaître son pouvoir administratif vis à vis ses administrés. Il n’accepte pas la procuration d’un administré, (les autres procurations sont elles, acceptables), ou refuse le vote d’un administré sous prétexte que cette personne ne possède pas la carte électorale *, qui n’est pas obligatoire, comme si, il ne connaissait pas la loi et encore moins ses 80 administrés, un par un.
Le mieux élu de la liste du parti unique du maire, qui lui, fini dans le quatuor de queue de liste, est « poussé » à la démission dans le mois qui suit l’élection ! Et gare à celui qui fait de l’ombre, opprobre va être jetée sur lui avec parfois le divorce à la clé – tous les coups sont permis à « l’administrateur » !
La défense de la démocratie, comprise par l’élu, le maire, n’est pas la même défense de la démocratie que celle de ses administrés. On veut aller voter ! Quoique, à chaque élection municipale, il y a une seule liste de monsieur le maire, donc, cette liste est élue d’office. C’est ça la démocratie ? Et pourquoi donc les politiciens « pleurent » sur le nombre d’abstentions?
Comment peut on baptiser un « administrateur » qui ne fait pas l’effort de connaître ou d’apprendre la loi dans le SEUL but de conserver son pouvoir ? Les administrés doivent ils apprendre les lois, une par une par cœur ? chacun est son propre avocat pour pouvoir se défendre ?
Pourquoi j’écris ces lignes ? Pour dire que, Messieurs, Mesdames, nous, les non-élus, les soi-disant administrés, sommes aussi les CITOYENS de la France comme vous, et n’oubliez pas, que ce sont les non-élus qui ont élus – ou non – les « élus ». Ça, dans l’esprit de la Révolution Française, que la fête du 14 juillet s’approche, c’est la RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, c’est nous le peuple qui avons le pouvoir, et non pas la bande de béni-oui-oui qui se l’accapare le lendemain de l’élection ?.

*  http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Comment-voter/Les-cartes-electorales

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